Interview de Sylvain, du cabinet d’architectes Matelier

Sylvain - Matelier
Par Joana CIDADES Il y a 2 ans
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“Notre atelier d’architecture recherche la perfection”

 

Sylvain Grasset du cabinet d’architectes Matelier

 

Parlez-nous de votre atelier d’architectes

 

Je fais partie d’un cabinet d’architectes basé à Lisbonne, appelé Matelier. Nous sommes une équipe de 25 personnes à Lisbonne, c’est donc déjà un atelier assez grand. Nous sommes trois associés, deux portugais et un français. Cela fait 12 ans que je vis à Lisbonne et nous travaillons avec divers investisseurs internationaux, pour faire des projets d’architecture, à Lisbonne et dans le reste du pays. Nous parvenons à accompagner l’investisseur du début à la fin et à offrir un service “clé en main”. En partenariat avec d’autres personnes, bien évidemment.

 

Cette procédure passe par la recherche du bien immobilier, son étude, l’accompagnement de l’investisseur, l’évaluation du bien, la conception du projet d’architecture, le dépôt des autorisations administratives auprès de la Mairie, l’accompagnement des équipes de la municipalité, du projet d’aménagement intérieur, le projet d’exécution et les travaux… Il s’agit d’une mission complète.

 

Dans notre agence, nous disposons de différents groupes d’architectes, les uns chargés plutôt du développement de projet, les autres spécialisés en architecture d’intérieur et décoration, et d’autres encore responsables de l’exécution et des travaux. Nous sommes très organisés. Nous sommes ici pour apporter une touche de “rigueur suisse” à la procédure, de la conception à l’exécution.

 

 

Avec quel type de projets travaillez-vous le plus ?

 

Nous réalisons tout type de projet : des appartements de standing moyen que nous rénovons aux immeubles comme celui-ci (Radio Palace) qui peuvent aller, disons, de 500 mètres carrés à 4500 mètres carrés. Nous devons refaire le projet, changer la structure, rajouter des étages, modifier l’intérieur, choisir les matériaux.

 

Nous n’avons pas de type de projet spécifique. Nous avons, par exemple, 10 maisons individuelles au Portugal. En ce moment, nous sommes en train de construire la maison de Philippe Stark, située près de Comporta. Nous travaillons avec Philippe Stark toutes les semaines. Il fait les croquis, surtout pour le design de l’intérieur, et nous faisons des propositions et changeons le projet d’architecture, pour ce qui est de la construction, pour que ce soit faisable.

 

Nous avons aussi quelques bâtiments neufs. 40 appartements à Nazaré, par exemple. Nous avons, d’ailleurs, beaucoup de projets dans cette zone : Foz do Arelho, Nazaré. Nous avons une maison dans le Douro et une maison à Tavira. Nous allons partout. Nous construisons même en Suisse, nous y avons monté un bureau, un grand projet. Nous avons travaillé aussi en France, en partenariat avec un architecte en France. Nous faisons près de 200 nouveaux appartements par an, dans le cadre d’un programme immobilier à Lyon. Nous avons également fait un hôtel l’an dernier à Paris… Autrement dit, nous ne nous limitons pas au Portugal.

 

Nous avons aussi établi des partenariats avec d’autres architectes, mais nous sommes une grande équipe déjà en place, très rigoureuse dans son travail et cela compte beaucoup. C’est notre atout : pouvoir travailler rigoureusement sur un projet d’architecture. Nous recherchons la perfection.

 

 

Quel est le panorama de l’architecture actuelle au Portugal ?

 

Nous avons surtout des clients étrangers et cela pour deux raisons. La première, c’est que les clients étrangers qui nous contactent sont des professionnels et donc ils savent qu’engager des architectes ne signifie pas jeter l’argent par les fenêtres. Cela représente un atout, non seulement pour la qualité du projet mais aussi pour le contrôle de la partie technique.

 

Souvent, le problème qui existe ici c’est qu’on vous dit « je connais quelqu’un qui fait ça et qui ne prend pas cher ». Ensuite, ils finissent par le faire ou pas, soit parce que c’est compliqué, soit par manque d’expérience ou de connaissance, et, au final, ils dépensent trois fois plus car cela a été mal exécuté dès le départ. Nous souffrons de ce problème, celui du « petit malin » qui, en fait, n’est pas très professionnel.

 

Mais, le Portugal d’il y a cinq ou dix ans n’est plus le Portugal d’aujourd’hui. Les prix augmentent et c’est chaque fois plus compliqué de réaliser un projet d’architecture ou d’investissement, ceux-ci étant chaque fois plus élaborés par de vrais professionnels. En France, par exemple, ou en Suisse, personne ne vous dira « je vais improviser et faire un projet avec mon petit-fils ». Non, parce que cela implique beaucoup d’argent et il n’y a que les professionnels pour le faire.

 

Dans notre travail, nous avons une règle, représenter le client et le défendre. Parce que notre client peut être un professionnel de l’immobilier mais pas un professionnel de la construction du projet et il est très fragile. Il existe des entreprises qui essaient toujours de gagner plus d’argent sur un chantier et nous existons pour protéger l’investisseur et lui faire gagner de l’argent.

 

Nous contrôlons toute la procédure. Cette semaine nous avons négocié un contrat et avons fait gagné 400 000 euros à un investisseur. Pendant un mois et demi, nous avons négocié avec l’entreprise. Quand nos honoraires sont de 60 000 ou 80000 euros, cela signifie qu’on leur a fait gagner beaucoup plus. Et cela est très apprécié par les investisseurs, en particulier quand ils sont étrangers et ne parlent pas portugais.

 

Le marché au Portugal est aussi très confus. C’est difficile de trouver le bien immobilier, de le modifier… C’est vraiment la loi de la jungle. Notre travail consiste aussi à expliquer comment fonctionne le système au Portugal, sinon les gens laissent tomber et s’en vont. Nous sommes très proches culturellement, mais il y a de grandes différences.

 

 

Et en ce qui concerne les permis de construire, obtenir les autorisations est plus simple au Portugal ou à l’étranger ?

 

Il est plus facile d’obtenir l’approbation de projets au Portugal qu’en France ou en Suisse, bien que cela prenne plus de temps et on ne sait pas quand on obtiendra la réponse. Nous avons près de 40 demandes d’autorisation en cours déposées auprès de la Mairie. Nous ne cessons d’appeler et de réclamer, nous sommes très insistants, mais c’est comme ça que ça marche. Nous attendons en moyenne six mois pour obtenir l’approbation d’un projet. Mais cela dépend. Il y a des projets qui sont faciles, d’autres prennent plus de temps, quand on veut rajouter un étage, etc. Cela rend parfois le projet plus long. Mais si on peut gagner trois ou quatre millions de rentabilité de plus, ça vaut la peine. On ne peut pas tout avoir.

 

 

En quoi consiste votre partenariat avec le médiateur Gral ?

 

Dès le départ, nous avons toujours veillé à accompagner au maximum tout le plan d’investissement. Autrement dit, de la recherche foncière au projet d’architecture jusqu’à la construction et la revente d’appartements. Cette construction, bien évidemment, a commencé par l’atelier d’architecture, avec lequel nous avons huit ans d’expérience.

L’an dernier, nous avons monté une entreprise de bâtiment, parce que nous avons senti qu’il y avait beaucoup d’entreprises « à quatre sous ». Notre projet était bon, mais la réalisation était très mauvaise. Alors, nous avons créé une entreprise de bâtiment pour faire des travaux de qualité. Ce partenariat avec Gral fonctionne ainsi : David est un agent immobilier et recherche des biens immobiliers sur le marché. Nous les étudions et, ensemble, nous les présentons aux investisseurs comme une opportunité d’investissement.